La guerre Iran-Irak:
L’arrivée de Saddam Husein au pouvoir : “La première crise pétrolière”- comme l’a baptisée les occidentaux- est survenue suite à un coup d’Etat iraquien, qui a porté au pouvoir le général Hassan al-Bakr soutenus par des baathistes de droite et a renversé le général Abd al-Rahman Aref. Hasan Al-Bakr a tout de suite instauré le Conseil de la révolution, tout en nationalisant en 1972 la compagnie pétrolière Irak Petroleum. Et l’Irak s’enrichit considérablement, ses recettes annuelles passaient de 575 millions à 5.7 milliards de dollars. En juillet 1979, le général Bakr vieillissant transmit le pouvoir à Saddam Hussein, ancien vice –président du Conseil de la révolution. Sadam est alors proclamé président de la République irakienne et secrétaire général du Conseil de commandement de la révolution baathiste. Il devient le « Raïs », le chef suprême.
Qui est Saddam Hussein : D’origine musulmane sunnite, il est né en 1937, à proximité de la ville de Tikrit à environ (à 150 km au nord de la capitale. Sa famille est pauvre, et son père serait mort avant sa naissance. Le jeune Saddam passe son enfance à garder des troupeaux et à travailler aux champs. A l’âge de 10 ans, ayant fui le domicile familial et un beau-père honni, il est confié à son oncle maternel, un instituteur à Bagdad, violemment antioccidental. Il adhère à 19 ans au jeune parti Baath, un mouvement arabe nationaliste. C’est ainsi qu’il prend part en 1958 au coup d’Etat qui renverse la monarchie du roi Faysal et son gouvernement. Il aurait alors participé à l’assassinat d’un collaborateur du premier ministre, Abd al-Karim Kassem. Mais blessé et recherché par la justice irakienne, il part se réfugier en Syrie, avant de poursuivre ses études en Egypte. Il interrompra une nouvelle fois ses études en 1963 pour rentrer en Irak en apprenant qu’un nouveau coup d’Etat a eu lieu. Le général Abd al-Salam Aref a pris le pouvoir et le général Kassem a été exécuté. Nommé au sein de la direction du parti, Saddam se marie avec une cousine, Sajida, dont il aura cinq enfants. Mais le Baath est rapidement interdit et Saddam est emprisonné l’année suivante. Il restera trois années en prison, période au cours de laquelle il reprendra ses études de droit et sera nommé, malgré sa détention, membre du conseil de Commandement de la révolution au sein du parti Baath. Etant parvenu à s’échapper, il participe au renversement du gouvernement par le Baath et se retrouve vice-président du Conseil du commandement de la révolution CCR. Le nouveau président est en effet son propre cousin, Ahmed Hassan a-Bakr. L’incroyable Saddam: Dorénavant, la folie et le culte de la personnalité de Saddam Hussein n’ont plus de limites. S’il apparaît de moins en moins public, ses portraits ornent chaque quartier de la capitale. Le rais change de domicile tous les soirs, dispose d’un gouteur pour chaque repas, ne circule pas sans un un convoi de Mercedes identiques et sans être accompagné de multiples gardes du corps triés sur le volet, et utilise au moins trois sosies pour mettre en doute ses véritables apparitions. Pour les américains, même si Saddam exporte tout de leurs pays, il se montre trop arrogant pour un leader arabe. Il se charge d’éliminer tout opposant potentiel, d’expulser les chiites et de réprimer les kurdes.
A l’occasion du 14e anniversaire de la fin de la guerre avec l’Iran en 1988, Saddam prononçait un discours se référant aux menaces américaines, « celui chez qui se réunissent la cupidité et l’arrogance doit retenir les leçons de l’Histoire, sinon il finira dans la poubelle de l’Histoire », et les Américains ont bien gardé la poubelle pour lui.. Une révolution islamique : La révolution islamique renverse la monarchie du chah Mohamad Reza Pahlavi et porte au pouvoir l’ayatollah Ruhollah Khomeyni, qui proclame la république islamique d’Iran. Ce bouleversement va susciter en Irak un mélange d’inquiétude et d’opportunisme. Inquiétude car la majorité 60% de la population irakienne est chiite, comme les Iraniens, et Baghdad craint que le nouveau pouvoir de Téhéran ne tente de la soulever à son profit; opportuniste, car Saddam Hussein y voit une occasion de reprendre possession de la totalité de Chatt al-Arab. Ce delta de 50 kilomètre de long, qui constitue le seul débouché sur la mer, et qui a été divisé lors d’un accord entre les révoltes kurdes et les Iraniens, qui constitue que la frontière passe au milieu de Chatt al-Arab et non plus le long de la frontière iranienne. Alors une solution : Le gouvernement irakien lance ses troupes contre l’Iran le 22 septembre 1980. Disposant d’un armement français et soviétique performant. Pourquoi ? Car ils ont tout de suite refusé l’existence d’un régime islamique. Pour Saddam, c’était car il rêvait d’une place de leader dans le monde arabo-musulman. Les premières offensives sont effectivement réussies pour l’Irak, qui reconquiert en cinq jours le Chat al-Arab et propose un cessez-le-feu. Mais l’Ayatollah Khomeyni refuse de faire la paix. Outre une revanche personnelle à prendre contre Bagdad qui, après l’avoir accueilli, l’avait contraint à chercher refuge en France en 1978. Les pays arabe manifestent de plus en plus leur inquiétude devant un possible basculement de la situation dans la région. Et l’Iran va profiter de cela. Il organise la résistance, restructure l’armée, forme des troupes de soldats fanatisés, et lance une première contre-offensive dès le mois de janvier 1981. Les Iraniens compensent leur infériorité matérielle par leur supériorité numérique. Et envoyant au combat les femmes et surtout des adolescents de plus en plus jeunes, notamment dans les champs des mines, pour ouvrir la voie aux soldats. La situation se renverse progressivement au profit de l’Iran, qui envahit le territoire irakien à l’automne 1982 et continue de refuser les multiples propositions des pourparlers et de cessez-le-feu. L’armée iranienne passera ainsi de 200 000 hommes à plus d’1 million de combattants, face à l’Irak qui en compte 875 000. Une nouvelle politique d’armes : A partir de 1983, l’Irak décide de recourir aux armes chimiques, et comme la poursuite des combats dépend de la fourniture en armes, elle-même conditionnée par la vente de pétrole, Saddam Hussein s’en prend aux installations pétrolières iraniennes afin d’asphyxier l’économie du pays. Soutenu par l’Union soviétique et les Occidentaux, il reçoit également l’aide financières des pays du Golfe, tous ces pays s’inquiètent de l’évolution du marché du pétrole et les conséquences d’une victoire éventuelles de l’Iran = la révolution islamique. Seuls la Syrie, la Lybie et Israël menacé par l’Etat irakien soutiennent l’Iran. Une situation alarmante: Le conseil de sécurité des Nations unies adopte le 20 juillet 1987 la résolution 598 exigeant le cessez-le-feu et le retrait des troupes de part et d’autres des frontières. Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne déploient des unités militaires dans la région, et leurs marines envoient des bâtiments, y compris des porte-avions. !!!
Dégâts: Cette guerre aura fait environ 1 million de morts et deux fois plus de blessés, surtout du côté iranien. L’Irak sortit du conflit avec une économie exsangue qu’il allait falloir redresser par tous les moyens. L’Iran quant à lui, se retrouva dès lors isolé.
Analyse : Nora Dardir
Source de recherche : Conflits au Proche et Moyen-Orient de Sophie Chautard